Santé MAG
 

12% des constantinois sont diabétiques

Les adolescents sont les plus touchés

Douaa Belmahi  

A Constantine, on dénombre plus de 15000 diabétiques et 12% de la population constantinoise est atteinte de diabète. les chiffres sont en constante augmentation selon le professeur Lezzar Kacem, chef de service endocrinologue du centre hospitalo-universitaire (CHU) qui s'est exprimé à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale du diabète. Il est vrai que le nombre des diabétiques s’est alourdi durant ces dernières années et devrait, encore, accroître si des mesures préventives et de sensibilisation ne sont pas prises, sachant qu’en matière de médicaments, notre pays demeure fragile. Cette affection appelle un dépistage précoce. Le régime est le maître mot pour maintenir son glucose équilibré.
De son coté le Dr Bouteldja Malika spéciliste des maladies chroniques a précisé que les enfants et plus précisément les adolescents sont les plus exposés à cette maladie avec un taux de 20% notamment parmi les nouveaux nés. Elle ajoutera qu'en Algérie, le nombre d'amputations annuel est à 1300 et que 40% peuvent étre évités par la bonne information. Une seule amputation coûte 900.000 DA.
Sur un autre volet,.les causes de la progression de cette pathologie, sont à chaque fois dues à un manque de prise de conscience des citoyens et à l'insuffisance des campagnes de prévention et de dépistage précoce. A ce propos, le professeur Lezzar a affirmé que les diabétiques algériens souffrent présentement du manque de réactifs pour effectuer les analyses périodiques recommandées par les instances sanitaires internationales.
Les journées portes ouvertes sur cette pathologie ont constitué une occasion pour de nombreux malades pour raconter leur diffuculés rencontrés au quotidien afin d'effectuer les analyses de l'hémoglobine glyquée.
La pénurie des réactifs occasionne donc des complications aux malades et des dépenses onéreuses, parce qu'ils seront dans l'obligation de s'orienter vers le privé.
Quant à la prise en charge des patients, «la majorité des malades qui arrivent à un stade critique ont fait fi des mesures prodiguées par leurs médecins traitants ou tout simplement ils n’ont pas respecté la prise de médicaments à des heures précises. Et comme la maladie n’est pas isolée, elle entraîne moult complications dont le fatidique pied du diabétique qui conduit malheureusement au bloc opératoire, outre des problèmes cardiovasculaires, cécité, HTA» a-t-on expliqué aux citoyens.
Du côté de la DSP, l'organisation d'une campagne de dépistage au profit de la population à la maison du diabète de Boumerzoug durant une semaine pour permettre aux citoyens d’effectuer un dépistage, ne sera pas la seule occasion.. Concernant les hôpitaux du jour, les maisons du diabète, dont la mission est de prendre en charge le suivi et le dépistage de la population atteinte, il ne fait aucun doute que Constantine aura franchi un pas, mais qui demande à être consolidé par la réalisation d’autres espaces du genre face à l’importante prévalence du diabète. Les deux maisons du diabète de Bellevue et de la cité Boumerzoug accueillent plus de 100 malades par jour de 8 heures à 18 heures. Ces deux centres disposent des moyens nécessaires pour la prise en charge des patients, selon les responsables locaux de la santé. «En plus des spécialistes et endocrinologues qui y activent, les deux maisons de diabète possèdent des laborantins, des ophtalmologistes, des chirurgiens dentistes et des infirmiers spécialisés dans le traitement du pied diabétique"a-t-on encore indiqué •
d’insuffisance rénale 10 ans après l’apparition de la maladie.
Quelque 25 % des sujets diabétiques souffrent de pathologies vasculaires au niveau des membres inférieurs.S’agissant des patients souffrant de pathologies vasculaires au niveau des membres inférieurs, le Pr Fouzia Sekkal, spécialiste en diabétologie à l’hôpital Lamine Debaghine, a affirmé "qu’un diabétique sur quatre est amputé de la jambe".
Une enquête menée par le ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière en collaboration avec l’Office national des statistiques (ONS) et des agences onusiennes à Alger, relève que le taux de prévalence de cette maladie augmente de manière significative avec l’âge avec des taux de 0,3% chez les moins de 35 ans, de 4,1% chez les personnes âgées entre 35 et 59 ans et de 12,5% chez les sujets de plus de 60 ans.
Outre les facteurs héréditaires, cette prévalence s’explique notamment par le déséquilibre du régime alimentaire composé en grande partie de corps gras et de sucreries ainsi que le manque de d’exercice physique.
Selon Djamila Nadir, chargée du dossier des maladies chroniques au ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière, l’Etat a mis à la disposition des malades tous les types de médicaments nécessaires à cette maladie afin de veiller sur le bien-être des malades.
Par ailleurs, la tutelle a arrêté plusieurs programmes de lutte contre le diabète afin de réduire le taux de prévalence notamment à travers la formation de médecins et le diagnostic précoce et une meilleure prise en charge des malades ainsi que le renforcement des structures sanitaires de proximité en impliquant le secteur privé.
Selon les chiffres du ministère, quelque 1,5 million de personnes seraient atteintes du diabète alors que les associations évoquent 3 millions de malades sachant qu’un diabétique sur trois ignore sa maladie.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) célèbre depuis 2009 jusqu’en 2013 la journée mondiale de lutte contre le diabète sous le thème "l’éducation sanitaire et la prévention"•
LE DIABÈTE :
MISE EN GARDE CONTRE
LES COMPLICATIONS
Les diabétologues ont mis en garde contre les complications du diabète qui atteint les organes nobles (l’oeil, le coeur et les reins) de l’être humain.
Le Pr Zahida Merad Boudia, spécialiste en ophtalmologie à l’hôpital Lamine Debaghine (Ex-Maillot), a indiqué, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le diabète célébrée le 14 novembre de chaque année, que "l’oeil est l’organe noble le plus exposé aux complications du diabète après l’atteinte de la cornée, pouvant engendrer ainsi la cécité à long terme".
Parmi les autres complications du diabète, les spécialistes évoquent l’hypertension artérielle qui engendre l’obstruction des vaisseaux dont souffrent 30 % des diabétiques.
Etant exposé à une obstruction des artères, le rein nécessite une bonne prise en charge chez les diabétiques qui, à long terme, sont sujets à l’insuffisance rénale, estiment les néphrologues.
Le Pr Tahar Riane, spécialiste en néphrologie à l’établissement hospitalier Nefissa Hamoud (ex Parnet) a souligné que 30 % des diabétiques sont atteints