Santé MAG
 

Syndrome d’apnées
obstructives du sommeil Silencieux mais ravageur...

Entretien avec le Dr. Khalil AMRANI,
pneumo-allergologue

Propos recueillis par : Nahla Rif

Le nombre de malades allant crescendo, le syndrome d’apnées obstructives du sommeil doit être reconnu, par les pouvoirs publics, comme un problème de santé publique. Jusque-là, la méconnaissance de cette affection dévastatrice a desservi les malades. Il est, selon le Docteur Khalil Amrani, pneumo-allergologue, temps de lever le voile sur cette pernicieuse maladie.

L'apnée étant une maladie silencieuse et à l'origine de plusieurs pathologies, elle demeure pourtant méconnue chez nous. Pourquoi ?
L’apnée du sommeil est méconnue chez nous, pour deux raisons essentielles, qui sont le manque de formation et le manque d’information. Je m’explique : Le manque de formation des médecins est inhérent au fait que l’apnée du sommeil est citée dans le cursus médical, sans détails pratiques, alors que des cours de FMC pour les spécialistes, et surtout le médecin généraliste pour le dépistage de cette maladie, sont nécessaires.
D’autre part, il faut savoir que la maladie est méconnue du grand public. Pourtant, elle concerne un nombre important et croissant de personnes dans le monde et en Algérie, notamment.
Malheureusement, l’apnée obstructive du sommeil est sous-diagnostiquée faute d’information de la population générale : revues, journaux, émissions de santé télévisuelles, radio, etc.

- Qu'y a-t-il lieu de faire, mises à part les actions de sensibilisation, pour mieux la prendre en charge ? (sécurité sociale,...)
Pour mieux la prendre en charge il faut, à mon avis, s’organiser en associations de malades apnéiques et en associations de médecins pneumologues, hospitaliers et libéraux, qui s’intéressent de près à cette maladie, qui constitue un réel problème de santé publique, en vue de la faire connaître et sensibiliser, par la même, les pouvoirs publics. Il faut ajouter que la prise en charge de cette pathologie et son traitement sont lourds et ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.
Aujourd’hui un recensement s’impose.
Nous devons élaborer des statistiques sur les apnéiques.

Comment peut-on définir l'apnée du sommeil ?
Le syndrome SAOS est défini par la survenue, durant le sommeil, d’épisodes

anormalement fréquents d’obstruction complète ou partielle des voies aériennes supérieures, responsables d’interruptions (apnées) ou de réductions significatives (hypopnées) de la ventilation, et associés à des manifestations cliniques, le plus souvent dominées par une somnolence diurne excessive avec, parfois, des endormissements incoercibles.
En plus clair, l’apnée du sommeil se traduit par des arrêts involontaires de la respiration, durant le sommeil. Elle concerne, en premier lieu, les personnes en surpoids, âgées ou qui ronflent de façon importante et bruyante, jusqu’à gêner la personne qui partage la chambre de l’apnéique. Le syndrome SAOS est même, souvent, à l’origine de conflits conjugaux. L’usage de somnifères, de narcotiques ou d’alcool sont des facteurs de risque à ne pas occulter. Ce qui est dangereux pour le malade c’est que ces pauses respiratoires qui durent entre 10 secondes et 30 sec sont répétitives et se produisent plusieurs fois par nuit. L’apnée du sommeil, par définition, est problématique quand ces arrêts sont supérieurs à 5 par heure.
Elle devient plus grave quand ils dépassent les 30 fois par heure. Ce qu’il y a lieu de relever, c’est que ces apnées affectent le fonctionnement du cerveau. Pour ce qui est des symptômes, sachez que les malades qui en souffrent éprouvent le plus souvent une fatigue au réveil, des maux de tête et une somnolence durant la journée. Et parfois, même quand elle est diagnostiquée à temps mais mal traitée, il faut savoir que la maladie peut engendrer des troubles cardio-vasculaires, une hypertension artérielle, des accidents de la circulation (dus à l’endormissement au volant) et au travail, une dépression et parfois même la mort.
Cette affection génère également des troubles de la mémoire et de l'attention, des troubles du caractère à type d'irritabilité, une baisse de la libido.
On relève, parfois, aussi une augmentation de la production d'urine au cours du sommeil (polyurie), avec le besoin d'aller aux toilettes une ou plusieurs fois par nuit.

Cette affection génère également des troubles de la mémoire et de l'attention, des troubles du caractère à type d'irritabilité, une baisse de la libido. On relève, parfois, aussi une augmentation de la production d'urine au cours du sommeil (polyurie), avec le besoin d'aller aux toilettes une ou plusieurs fois par nuit.

- Comment la dépiste-t-on chez les malades qui en souffrent ?
Le dépistage se fait par le médecin traitant ou le médecin de famille lors de l’interrogatoire d’un sujet qui ronfle et qui somnole dans la journée, et ce, tout particulièrement s’il existe d’autres facteurs de risques cardiovasculaires. Le SAOS touche une population hétéroclite des patients diabétiques aux malades cardiaques.
Le diagnostic du Syndrome d’Apnée du Sommeil se fait au cours d'une nuit d’enregistrement du sommeil ou polygraphie ventilatoire qui se passe à domicile ou dans un laboratoire du sommeil qui peut être complété par une polysomnographie

• En quoi consiste le traitement ?
Il existe des mesures hygiéno-diététiques (perte de poids, arrêt de la consommation d’alcool ou de sédatifs), on recourt à la chirurgie ORL en cas d’obstacle et aux traitements instrumentaux (orthèses d’avancement lingual ou mandibulaire) dans le SAHOS léger à modéré avec une efficacité de 50%. Mais le traitement de référence reste la ventilation en pression positive continue (PPC ou CPAP). Elle maintient ouverte à tous les stades du cycle respiratoire, les voies aériennes supérieures. Le seul bémol c’est que ce traitement est coûteux •

H I S T O I R E      D E     L A     R E C H E R C H E     C L I N I Q U E
1753 : James LIND réalise un essai comparatif sur les traitements du Scorbut.
1834 : Charles ALEXANDRE LOUIS établit les bases des essais épidémiologiques et les méthodes d’évaluation.
1906 : FOOD &DRUGS ACT est la remière
autorité à réglementer la consommation alimentaire et médicamenteuse.
1915 : GRENWOOD &YULE suggèrent les formulaires de randomisation dans les études comparatives.
1927 : FERGUSSON est la première personne à introduire le principe de l’aveugle dans les essais cliniques.
1931 : U.S FOOD and DRUG Administration (FDA) a été installée.
1937 : 107 patients décèdent après consommation de l’élixir sulfanilamide (médicament jamais (contrôlé)
1939 : Federal Food drug & Cosmetic Act (FD&C) encourage les études de tolérance avant la mise sur le marché des produits.
1948 : Sir Austin BRADFORD conduit proprement une étude comparative.
1960 : Le désastre de la thalidomide impose en 1962 la règle d’une étude d’efficacité et de tolérance avant chaque autorisation de commercialisation (Amendement de KEFAUFER&HARRIS).
1963 : Premier comité de sûreté des drogues en G.B.
1968 : Premier comité de sûreté des drogues en médecine.
1977 : Guide de bonnes pratiques cliniques est adopté aux USA.
1987 : Guide de bonnes pratiques liniques
est adopté en Europe.
1987 : IND, INVESTIGATION NEW DRUGS &NDA (NEW DRUGS ASSOCIATION).
1991 : Guide I.C.H (International Conference Harmonisation).
1997 : Nouveau guide I.C.H.