Santé MAG
 

Professeur Kamel Bouzid
Président de la SAOM et chef de service
oncologie médicale au CPMC Alger

" Le plan cancer existe…"

Par Rania Hamdi

Un comité d’experts en cancérologie a travaillé sur un consensus thérapeutique pour chaque type de cancer, sous l’égide de la SAOM. « J’attends le feu vert du ministère de la Santé pour les mettre en pratique » rapporte le président de la société savante.

Pr Kamel Bouzid en radiothérapie se fait sentir avec acuité dans le pays. La pression est trop forte sur les cinq services opérationnels à travers le pays. Sur les 28 000 malades éligibles aux traitements adjudantes, les deux tiers n’obtiennent pas de rendez-vous dans les délais thérapeutiques requis. «Je reste persuadé qu’il faut transférer, de manière transitoire, à l’étranger pour soins en radiothérapie.
Il n’existe pas, à mon avis, d’autres solutions que celle-là » martèle- t-il. La Jordanie, la Tunisie, le Maroc, la Turquie et Cuba peuvent recevoir, selon lui, les patients algériens.
« Ces pays n’exigent pas le visa pour les ressortissants algériens. Ce qui facilitent le transfert » ajoute-t-il. En dehors de la radiothérapie, il n’y a aucune raison de donner des prises en charge pour soins en oncologie à l’étranger, depuis 1995, d’après le Professeur Bouzid. « Tout se fait en Algérie » atteste- t-il. Pourtant 36% des transferts à l’étranger, validé par la commission nationale y afférente, relèvent de l’oncologie.
Quelque 200 personnes, atteintes d’un cancer à un stade précoce, ont été traitées en dehors du pays au frais de la Cnas.
Il soutient, par ailleurs, qu’il est nécessaire de mettre au point un consensus thérapeutique pour chaque type de cancer. Un collège d’experts en cancérologie, de tout le territoire national, y a travaillé sous l’égide de la SAOM.
«J’attends le feu vert du ministère de la Santé, auquel j’ai soumis les résultats de ce travail, pour les mettre en pratique » rapporte le président de la société savante•

 

« Nous, nous l’avons vu le plan national de lutte contre le cancer » affirme Professeur Kamel Bouzid, médecin en chef du service oncologie du Centre Pierre et Marie Curie et président de la Société algérienne d’oncologie médicale (Saom). Il contredit, ainsi, les praticiens qui émettent des doutes sur la réelle existence de ce programme, dont parle souvent le ministre de la Santé, de la Population et de la réforme hospitalière. Selon Pr Bouzid, le plan cancer se base sur la prévention primaire et secondaire, le dépistage précoce, ainsi que la prise en charge efficiente des personnes souffrant d’un cancer notamment par la construction de 14 nouveaux centre anticancéreux à travers le pays et l’acquisition de 52 accélérateurs à horizon 2014. « Une évaluation de ce plan est prévue pour la fin 2014 ou début 2015 » indique notre interlocuteur.
Un Fond spécial, dédié à ce projet, a d’ores et déjà reçu une dotation de 37 millions de dinars. Un budget spécial a été, en outre, dégagé récemment par un Conseil interministériel, pour régler en urgence le problème de manque de médicament, dont ceux indiqués dans le traitement des cancers.

« Les contraintes liées à la loi de Finances (crédit documentaire, ndlr) devront être levées pour le médicaments.
Nous avons eu des assurances » rapporte Pr Bouzid. Pour lui, la volonté politique de mieux faire en matière de lutte contre le cancer est manifeste. « Il manque encore la motivation des exécutants et des directeurs d’établissements » souligne-t-il. Il estime que le ministère du travail et la Caisse nationale de sécurité sociale doivent s’impliquer davantage dans ce créneau.
A ce titre, il informe que 70% des actes chirurgicaux relevant de l’oncologie, sont pratiqués dans les structures privées. « Ils sont pourtant remboursés à un taux virtuel ». Il regrette, dans le sillage, que la Cnas soit si réticente à signer des conventions avec les cliniques privées, disposées à investir dans les traitements en radiothérapie.
«70% des hémodialyses se font dans le privé. Je ne comprends pas pourquoi on bloque sur le cancer » lance-t-il perplexe. D’autant que le besoin