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Au coeur de l’actualité nationale
Polémique autour de la prise en charge du cancer

Le cancer n’est pas la maladie qui tue le plus en Algérie. En matière de causes de mortalité, certaines études le classent, en troisième position après les affections cardiovasculaires et les atteintes périnatales, avec un taux de 9,5%. Il n’en demeure que c’est la pathologie dont on parle beaucoup en raison de la mauvaise prise en charge thérapeutique des cancéreux.

Par : Chakib M.

Le professeur Kamel Bouzid, chef du service d’oncologie médicale au centre Pierre et Marie Curie d’Alger (CPMC) a été le premier à interpeller les consciences, en ce mois d’octobre, sur la prise en charge précaire des cancéreux.
Centre fermé pour maintenance, rupture de stock des médicaments et de réactifs, rendez-vous déraisonnables…
Ce spécialiste, a brossé un tableau sombre de la situation du CPMC et plus généralement des malades cancéreux en Algérie. Il nous apprend que sur 44000 nouveaux cas de cancer enregistrés chaque année en Algérie, 28000 nécessitent un traitement par radiothérapie. Sur ces 28 000, seuls 8 000 malades sont traités par radiothérapie, faute de moyens. Le professeur Bouzid ajoute sur les ondes de la chaine III que les rendez- vous de radiothérapie sont fixés au mois de juin 2012 pour les malades qui se présentent au mois d’octobre, en raison de la grande pression exercée sur les cinq centres anticancéreux, opérationnels à travers le pays et les temps impartis à la maintenance.
Lui emboitant le pas,le collectif autonome des médecins résidents a organisé un sit in de solidarité avec les malades cancéreux. Les députés interpellent à leur tour, quelques jours plus tard, le ministre de la santé sur ce problème. Lors de leurs incessantes sorties publiques, les animatrices de l’association Amel, n’ont pas, elles aussi, manqué de dénoncer, les défaillances dans la prise en charge des cancers, qui tuent 50 Algériens chaque jour dont 10 femmes atteintes de tumeur du sein.
Au centre de l’actualité nationale, ce dossier fait réagir le premier responsable du secteur, qui dans un premier temps, s’en prend au médecins résidents, les accusant de faire de cette maladie « un fonds de commerce et d’instrumentaliser la détresse des gens et le
malheur des familles des cancéreux à des fins inavouées ».
Devant les parlementaires, le ministre de la santé s’interroge : « Le cancer a toujours existé, ce n’est pas en 2011 Pourquoi aujourd’hui on crie au cancer?»
Cette mise au point faite, il tente de se faire rassurant en soutenant que sept centres de radiothérapie sont répartis au niveau national pour répondre aux besoins des malades et que 13 machines supplémentaires seront fonctionnelles au niveau de ces centres avant la fin de l’année 2011. Ould Abbes déplore, toutefois, l’absence de dépistage précoce.
Selon lui, le nombre de cancéreux en Algérie s’élève à plus de 40 000 nouveaux cas par an.
50% des femmes atteintes du cancer du sein décèdent, car elles sont diagnostiquées à un stade avancé, atteste-t-il •