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Insuffisance rénale chronique
Près de 16 000 malades sont traités par hémodialyse dans plus de 250 unités spécialisées publiques et privées,
à travers le territoire national
Mettre en place un registre national des insuffisants rénaux, organiser les soins et surtout faciliter l’accès à la transplantation, tels sont les principaux point débattus par le Dr Mustapha Boukheloua, président de la Fédération nationale des insuffisants rénaux (FNIR), lors de la journée de sensibilisation organisée hier à l’hôtel « Mas des planteurs » de Zeralda. S’agissant des centres d’hémodialyse, le Dr Boukheloua a souligné «la nécessité d’obliger les centres relevant du privé à inscrire leurs patients pour la transplantation rénale.»
Quant aux enfants dialysés, l’intervenant a affirmé qu’ « un seul centre de dialyse pédiatrique existe en Algérie ».
Outre celui d’Oran, « il faut des centres de dialyse pédiatrique au centre, à l’est et au sud du pays » a-t-il précisé.. Ces cas étant difficiles, « ils méritent plus d’attention », at- il affirmé.
Pour sa part, M. Mohamed Boukhers, porte-parole de la Fédération nationale des insuffisants rénaux, a précisé que «les enfants hémodialysés ne bénéficient pas de l’hormone de croissance ainsi que du suivi psychologique».
Il a également soulevé le problème du personnel «non qualifié» au niveau des hôpitaux.
«Les hôpitaux sont dépourvus de personnel spécialisé en dialyse et de personnel chargé de la maintenance de l’appareillage de l’hémodialyse », a-t-il encore souligné.
Le président de la FNIR a rappelé qu’actuellement, près de 16 000 malades sont traités par hémodialyse dans plus de 250 unités spécialisées publiques et privées à travers tout le territoire.
«Comme il n’existe pas de prévention ni de suivi de cette pathologie, aucune statistique, ni prévalence sur les nouveaux cas ne peuvent être élaborées», dit-il, avant d’ajouter que «seuls 1 000 insuffisants rénaux ont bénéficié d’une greffe en Algérie et à l’étranger depuis 1986.»
Insuffisance rénale chronique
Le professeur en dermatologie, ancien ministre des Affaires religieuses, M. M'hamed Benredouane, a indiqué pour sa part, qu’il est nécessaire de créer un centre national de recherche pour permettre aux décideurs de prendre les bonnes dispositions, et cela afin de mieux connaître l’état des lieux et sensibiliser l’opinion publique.
De son côté, et sur un tout autre registre, même s’il concerne le don d’organes, le Dr Achour Karima, chirurgien au CHU Mustapha- Bacha d’Alger, a estimé que « la transplantation pulmonaire peut démarrer pour peu qu’on développe les services thoraciques en Algérie.» Selon elle, la greffe des poumons est une chirurgie qui reste au stade embryonnaire alors qu’elle est très avancée à l’étranger. « Elle n’existe pas en Algérie » a-t-elle précisé avant d’ajouter que la greffe reste la seule option pour beaucoup demalades, notamment pour les enfants qui faute d’une greffe décèdent. Pourtant, selon elle, les compétences et lesmoyens sont disponibles : « Nous sommes de nombreux chirurgiens algériens à pratiquer des transplantations de poumons en France. Nous pouvons donc lancer ces opérations chez nous à partir de donneurs cadavériques », a t-elle dit signalant toutefois que la seule solution pour la greffe des poumons reste celle du
don d’un des deux parents pour sauver la vie de l’enfant.
« On a un manque de moyens et de structures. On n’a pas de problème sur le plan juridique ou religieux » a-t-elle fait savoir. De son côté, le professeur ChaoucheHocine a lancé un appel aux autorités du pays à prendre en charge le problème de don d’organes. Le professeur a expliqué qu’il y a un manque d’évaluation au niveau du secteur de la santé.
«Jusqu’à aujourd’hui et avec tous les moyens qui existent, certains responsables ont des services qui ne fonctionnent pratiquement pas», explique-t-il, avant d’ajouter qu’« au niveau de l’hôpital Mustapha, on fait une greffe par semaine, on fait aussi des greffes ailleurs.»
Le professeur a mis en avant le manque de médicaments et de matériel de transplantation.
Selon lui, «c’est une preuve concrète d’absence de volonté de travail par les concernés.»
A cet effet, le professeur Chaouche a déclaré qu’il faut établir une politique contractuelle entre « l’Etat et les gens qui veulent vraiment travailler. » •

Maia Harcha